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L’UNSA accueille avec satisfaction le rapport du député Isaac-Sibille « Construire un système national de prévention primordiale ». Il rappelle une évidence longtemps ignorée : la France ne manque pas de politiques de prévention, elle manque d’une stratégie. « L’inaction n’est pas l’absence de politique, c’est une politique par défaut ». Trop de plans non hiérarchisés, des financements précaires, des responsabilités éclatées sans pilote clairement identifié et une succession d’expérimentations produisent une action publique mal organisée. Pendant ce temps, la santé de la population se dégrade, les maladies chroniques progressent, les inégalités sociales et territoriales s’accentuent et les comptes sociaux continuent de se détériorer.
Pour l’UNSA, il est temps de rompre avec un système centré sur le curatif alors que 80 % de l’état de santé découle d’abord de déterminants sociaux, environnementaux, professionnels et comportementaux. Il faut désormais agir en amont, dans les lieux de vie et de travail, en structurant une politique de prévention primaire, cohérente, lisible et efficace.
Le rapport suggère la création d’un ministère transversal « Une Seule Santé ». L’UNSA soutient cette orientation qui corrobore notre demande d’un pilotage national fort capable de mettre fin à la dispersion actuelle et d’assurer la cohérence pour replacer la prévention au cœur de notre modèle social. Nous appuyons également le développement d’actions de prévention plus ciblées et personnalisées grâce aux données de santé et aux nouvelles technologies.
L’UNSA se félicite par ailleurs de retrouver dans le rapport plusieurs mesures qu’elle préconise de longue date : renforcer la couverture vaccinale, intensifier la lutte contre le tabagisme, mieux encadrer l’alcool par une fiscalité cohérente, rendre le Nutri‑Score obligatoire, mobiliser davantage les complémentaires santé et les dispositifs de solidarité dans les actions de prévention.
Pour l’UNSA il faut aller plus loin
Nous réaffirmons notre demande de suppression des dépassements d’honoraires pour tous les actes de prévention et de dépistage, afin que le coût ne constitue jamais un frein à l’accès à la prévention. Nous attendons également que les recettes issues des taxes comportementales et environnementales soient davantage affectées à la Sécurité sociale et au financement de la prévention primaire, conformément à la logique d’investissement social que nous défendons.
Ce rapport représente une étape importante. Désormais, il faut passer des recommandations aux actes avec des financements identifiés, une gouvernance claire et une volonté politique assumée. Faire de la prévention primaire un pilier de notre modèle social, c’est améliorer la santé de toutes et tous, réduire les inégalités, renforcer la qualité de vie au travail et préserver durablement notre système solidaire de Sécurité sociale.
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