PLF 2027 : l’emploi et la formation encore affaiblis

par | 12 Oct 2026 | Général

Crédit image : pressfoto on Magnific
Comme l’an dernier, la mission Travail et emploi est la plus touchée par les coupes budgétaires avec près de 2,5 milliards d’euros de baisse. Pour l’UNSA, ce n’est pas acceptable, d’autant que le taux de chômage atteint 8,3% au second trimestre 2026.
Le constat est sans appel. Les dépenses liées à l’accès et au retour à l’emploi chutent de 407 millions d’euros (-5,92 %). Côté service public de l’emploi, son financement recule de 264 millions d’euros (-14,2 %) avec la suppression de 400 emplois pour France Travail.
Parallèlement, l’accompagnement des mutations économiques et développement de l’emploi subit une amputation de crédits encore plus importante avec 1,5 milliard d’euros d‘économies annoncées.
France Travail : toujours plus de missions, toujours moins de moyens
Le gouvernement demande à France Travail d’accompagner davantage de publics dans le cadre de la loi Plein emploi, mais réduit encore ses moyens humains et financiers. La subvention de l’État baisse ainsi de 210,5 millions d’euros et le fonds pour la formation des demandeur·euses d’emploi diminue de 43,75 %. À cela s’ajoute la suppression de 400 emplois, alors même que l’opérateur a déjà enregistré la disparition de 515 postes l’an dernier.
Pour l’UNSA, cette décision n’est pas tenable. Face à l’augmentation du chômage et de la pauvreté, c’est un service public de l’emploi renforcé, capable d’assurer un accompagnement réellement individualisé qui s’impose.
Formation professionnelle : l’État se désengage
La formation professionnelle voit de son côté son budget s’effondrer. France Compétences perdra ainsi 1 milliard d’euros de taxes affectées et la subvention d’équilibre de l’Etat.
Pour l’UNSA, compte tenu des tensions financières de l’écosystème de la formation professionnelle et de l’apprentissage, cette baisse fragilisera les capacités d’intervention de France compétences et le financement des parcours de formation.
Pour les pactes régionaux d’investissement dans les compétences (PRIC), ciblés vers les jeunes et les personnes les plus éloignées de l’emploi, le constat est encore plus alarmant. En effet, plus aucune contractualisation n’est prévue après 2027. Il s’agit d’un retrait préoccupant de l’investissement de l’État dans la formation professionnelle, alors que les besoins en qualification restent importants.
CPF : une fin annoncée du compte personnel de formation ?
Le PLF prévoit une nouvelle augmentation du reste à charge pouvant aller jusqu’à 350 euros si la formation choisie n’est pas abondée ou fléchée vers un métier en tension. Les économies attendues s’élèvent à 350 millions d’euros .
L’UNSA dénonce cette nouvelle attaque contre le CPF, qui en restreint l’accès et fait peser le coût de la formation sur les actif·ves. Après une augmentation du reste à charge à 150 euros il y a quelques mois, ce passage à 350 euros et la remise en cause de l’exonération des demandeur·euses d’emploi et des travailleur·euses en situation de handicap n’est pas acceptable. De plus, cette nouvelle modification du CPF contredit la loi de 2018 sur la liberté de choisir son avenir professionnel, avec un fléchage induit vers les métiers en tension.
Enfin, le PLF prévoit une application rétroactive des nouvelles règles de reste à charge au 1er octobre 2026 qui entraînerait jusqu’à 30 % de renoncements à la formation. Pour l’UNSA, réaliser des économies sur un abandon de droits à la formation n’est pas davantage admissible.
Jeunes : une priorité sans moyen
Le gouvernement affirme faire de l’emploi des jeunes une priorité. Pourtant, les moyens diminuent. Le budget du Contrat d’engagement jeune (CEJ) baisse de 49 millions d’euros et les missions locales subissent une nouvelle érosion de 5,5 %, portant la diminution cumulée de leurs moyens à près de 18 % en trois ans.
De plus, le projet de loi de finances supprime les deux enveloppes de soutien aux centres de formations d’apprenti·es (CFA) destinées aux Régions. L’UNSA dénonce ce désengagement de l’État au moment où les besoins s’accroissent. Alors que le chômage des jeunes progresse, -21,6% chez les 15-24 ans-, restreindre le financement des CFA et de l’apprentissage revient à fragiliser l’insertion professionnelle des jeunes.
En conclusion, le PLF 2027 confirme un désengagement préoccupant de l’État dans les politiques de l’emploi et de la formation. Alors que le chômage progresse et que les besoins d’accompagnement et d’accès à la formation sont patents, réduire les moyens de France Travail, de la formation professionnelle, de l’apprentissage et des missions locales est, pour l’UNSA, un choix qui pénalise les salarié·es, les demandeur·euses d’emploi et les jeunes. Nous appelons le gouvernement à revoir ses arbitrages et à faire de l’emploi et de la formation de véritables priorités. L’UNSA a proposé des amendements en ce sens auprès des parlementaires.

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