État de l’Union 2026 : pas d’autonomie sans progrès social

par | 23 Sep 2026 | Général

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Le 16 septembre, Ursula von der Leyen a prononcé devant le Parlement européen son discours annuel sur l’état de l’Union européenne (UE). Face aux crises qui frappent les travailleurs et travailleuses partout en Europe, les annonces en soutien aux politiques sociales et industrielles restent en deçà des réponses concrètes attendues.
Des réponses sociales insuffisantes
La confirmation d’un paquet législatif sur les emplois de qualité avant la fin de l’année est un signal positif. Sa portée dépendra toutefois de son contenu. Pour l’UNSA comme pour la Confédération européenne des syndicats (CES), ce texte devra comporter des mesures ambitieuses et contraignantes pour améliorer les salaires et les conditions de travail.
Alors que les restructurations se multiplient, l’UNSA regrette l’absence de réponses immédiates aux difficultés de millions de travailleurs.euses. La hausse du coût de la vie est évoquée sans mesure nouvelle, tandis que les annonces concernant le logement, la santé et le socle européen des droits sociaux restent à concrétiser. Le sommet envisagé à l’occasion des dix ans de ce socle peut constituer une étape utile, mais il ne saurait se substituer à une véritable politique sociale européenne.
Après un été marqué par les canicules, les incendies et les sécheresses, Ursula von der Leyen a annoncé un plan contre les vagues de chaleur, une initiative sur l’eau et le renforcement des capacités européennes de lutte contre les incendies. Ces mesures sont nécessaires, mais l’hommage rendu aux pompiers et aux personnels mobilisés durant l’été doit désormais se traduire par des moyens. Il faut davantage de personnels, d’équipements adaptés, de formations et de financements pérennes et une meilleure prévention et reconnaissance des risques professionnels auxquels les pompiers sont exposés. Plus largement, l’adaptation au changement climatique doit aller de pair avec la réduction des émissions et une transition juste qui protège les travailleur.euses et les territoires.
Les propositions concernant l’accès des mineurs aux réseaux sociaux relanceront le débat national sur leur protection, la responsabilité des plateformes et le contrôle de l’âge. Pour l’UNSA, la régulation doit s’accompagner d’une véritable éducation aux usages numériques associant jeunes, familles et personnels éducatifs.
Des annonces stratégiques floues
Parmi les annonces les plus commentées figure le renforcement du partenariat avec le Canada, qui pourrait devenir le premier « membre associé » de l’UE. Les contours de ce statut restent à définir alors que dix États membres, dont la France, n’ont toujours pas ratifié le CETA (traité de libre-échange). Toute nouvelle étape devra garantir le respect des droits sociaux et environnementaux, des services publics et de la souveraineté démocratique.
Enfin, l’annonce d’un nouveau « Congrès de l’Europe » suscite des interrogations. Quelques années après la Conférence sur l’avenir de l’Europe à laquelle l’UNSA avait participé aux côtés de la CES, il importe de ne pas repartir de zéro : les propositions déjà formulées doivent être prises en compte et déboucher sur des décisions effectives.
C’est désormais dans les négociations sur le budget européen 2028-2034 que se mesurera la portée réelle des ambitions affichées. Les moyens accordés à la cohésion sociale, à l’emploi, aux services publics, à la transition juste et à la solidarité entre les territoires seront déterminants. L’Europe ne pourra renforcer son autonomie et sa capacité d’action sans investir dans celles et ceux qui travaillent, produisent et assurent les services essentiels. L’UNSA, aux côtés de la CES, prendra toute sa part dans ces débats pour défendre un budget européen à la hauteur de ces priorités.

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