Face à l’extrême droite, le mouvement syndical européen appelle à agir

par | 28 Oct 2026 | Général

photo ETUC-CES

Réunie en comité exécutif à Oslo, la Confédération européenne des syndicats (CES) a rendu hommage sur l’île d’Utøya aux victimes des attentats terroristes d’extrême droite qui ont frappé la jeunesse norvégienne en 2011. Le 6 octobre, elle a adopté la déclaration d’Utøya, réaffirmant avec force que, face à la montée de l’extrême droite en Europe, défendre la démocratie, les libertés et la solidarité est au cœur du combat syndical.

Utøya, le devoir de mémoire
Le 22 juillet 2011, 77 personnes étaient assassinées en Norvège par un terroriste d’extrême droite, dont 69 jeunes en camp d’été de la jeunesse travailliste sur l’île d’Utøya. Leur engagement pour la solidarité, l’égalité et la lutte contre le racisme en avait fait des cibles.
Quinze ans plus tard, la CES leur rend hommage et réaffirme les valeurs qu’ils défendaient. Au-delà du souvenir, la déclaration adoptée exprime un message sans ambiguïté : « Se souvenir doit mener à l’action ».
Car la haine qui a inspiré ces assassinats n’a pas disparu. Elle prospère partout en Europe sur fond de tensions économiques et sociales, de défiance démocratique et de banalisation des discours racistes et xénophobes.

Une menace pour les travailleurs et la démocratie
Partout en Europe, l’extrême droite progresse, accède au pouvoir ou influence les politiques publiques. Au Parlement européen, les alliances régulières avec l’extrême droite fragilisent les équilibres politiques qui contenaient jusqu’ici son influence.
La France n’échappe pas à cette dynamique. L’enracinement électoral de l’extrême droite, la banalisation de ses idées et la porosité croissante avec une partie de la droite sont préoccupants.
Derrière un discours prétendant défendre les travailleurs, les politiques nationalistes et autoritaires peuvent remettre en cause les droits sociaux, affaiblir les contre-pouvoirs et restreindre les libertés syndicales. Les exemples américain, italien et hongrois analysés dans une étude publiée par la Fondation Jean-Jaurès et la Friedrich-Ebert-Stiftung, sont éloquents.
En désignant les migrants ou les minorités comme responsables des difficultés économiques et sociales, l’extrême droite détourne l’attention des véritables enjeux : salaires, emploi, conditions de travail, services publics et partage des richesses.
Affaiblir les syndicats, c’est réduire la capacité des travailleurs à défendre leurs droits et leurs intérêts collectifs. C’est aussi fragiliser la démocratie.

La solidarité comme réponse politique et sociale
La déclaration d’Utøya rappelle que la solidarité entre travailleurs, générations et peuples, la liberté, l’égalité et la non-discrimination constituent les fondements du mouvement syndical.
Pour la CES comme pour l’UNSA, combattre l’extrême droite ne peut se limiter à dénoncer ses discours. Il faut documenter et démontrer les conséquences concrètes de ses politiques, défendre les libertés démocratiques et syndicales et répondre aux insécurités sociales qui alimentent frustrations et divisions.
L’enjeu est particulièrement important pour les jeunes, confrontés à la précarité, aux difficultés d’accès à l’emploi et au logement et aux incertitudes sur leur avenir.
Face à l’extrême droite, la CES appelle le mouvement syndical européen à agir et à convaincre qu’une autre société est possible, fondée sur le progrès social, la justice, l’égalité des droits et la démocratie.

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